Être désigné comme exécuteur testamentaire peut être un honneur, mais cela implique aussi de réelles responsabilités. Si vous avez été nommé fiduciaire successoral en Ontario, vous vous posez peut-être les questions suivantes : Puis-je refuser ? Et si je ne veux pas faire mon service ? La réponse est oui, vous avez des options.
1. Ce que signifie être nommé
Lorsqu'une personne rédige un testament en Ontario et désigne un fiduciaire successoral (avec ou sans testament, cette personne est souvent appelée fiduciaire ou administrateur successoral), elle lui confère le pouvoir et la responsabilité de gérer la succession. Le testament peut vous désigner comme fiduciaire successoral et vous pouvez également être désigné comme bénéficiaire.
Être nommé signifie que vous avez été désigné pour accomplir des tâches telles que :
- localiser le testament et faire en sorte qu'il soit déposé auprès du tribunal si nécessaire ;
- rassembler et protéger les biens du défunt ;
- payer les dettes et les impôts valides;
- distribuer la succession aux bénéficiaires conformément au testament et à la loi ontarienne;
- fournir les avis requis (par exemple, à l'Agence du revenu du Canada) et éventuellement demander une Certificat de nomination du fiduciaire successoral (homologation) devant la Cour supérieure de justice de l'Ontario, selon la nature de la succession.
2. Suis-je tenu de servir ?
Non. Même si vous êtes désigné comme administrateur de succession, vous êtes pas obligé agir. Vous pouvez renoncer (Refuser) la nomination. Si vous choisissez de ne pas assumer cette fonction, vous devez généralement déposer une renonciation officielle auprès du tribunal compétent. Une fois la renonciation effectuée, le rôle est transféré à un fiduciaire suppléant désigné dans le testament (s'il y en a un) ou à une autre personne admissible en vertu de la Loi réformée du droit des successions de l'Ontario (LRDS).
Refuser le poste est tout à fait légitime, surtout si vous estimez ne pas être en mesure de l'assumer, que ce soit en raison de contraintes de temps, de conflits d'intérêts, de la complexité du poste, de l'éloignement géographique ou simplement d'un désir de ne pas assumer cette responsabilité.
3. Pourquoi quelqu'un pourrait refuser
Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles une personne peut refuser :
- Le patrimoine est important ou particulièrement complexe (actifs commerciaux, biens immobiliers, juridictions multiples, questions fiscales).
- Ils n'ont ni le temps, ni les compétences, ni l'intérêt nécessaires pour administrer correctement la succession.
- Ils anticipent des conflits familiaux, des bénéficiaires difficiles ou des contestations de testament.
- Ils ne veulent pas d'engagement personnel ni du stress lié à l'administration.
- Ils estiment que ce rôle est tout simplement trop lourd ou intrusif en cette période difficile de deuil.
Ce sont des raisons tout à fait valables. Agir sans être bien préparé pourrait en réalité accroître votre exposition aux risques et votre stress par la suite.
4. Que se passe-t-il si vous renoncez ?
Voici comment le processus fonctionne généralement en Ontario :
- Vous soumettez une renonciation écrite au tribunal (ou suivez autrement les procédures prévues par la SLRA).
- Si le testament désigne un administrateur successoral successeur, celui-ci peut demander au tribunal d'agir.
- Si personne d’autre ne se présente, une autre personne admissible en vertu de la SLRA (par exemple, un bénéficiaire, un conjoint, un parent) peut demander à être nommée par le tribunal.
- L'administration de la succession reste nécessaire ; quelqu'un doit donc s'en charger. La simple renonciation ne dispense pas de cette administration ; elle ne fait que déplacer la personne qui en sera responsable.
5. Que se passe-t-il si personne ne veut servir ?
Lorsqu'aucune personne nommée ou admissible n'est disposée ou apte à assumer cette fonction, le tribunal peut désigner un administrateur. En Ontario, cela peut impliquer le recours à une société de fiducie ou à un exécuteur testamentaire/fiduciaire professionnel. Bien que moins fréquente pour les successions de moindre importance, cette option existe et permet la poursuite de l'administration.
6. Principaux risques, si vous acceptez
Si vous acceptez d'agir à titre de fiduciaire successoral en Ontario, sachez que vous assumerez des responsabilités importantes et des responsabilités potentielles :
- Vous avez un devoir fiduciaire envers les bénéficiaires et devez agir de bonne foi, avec honnêteté, diligence raisonnable et impartialité.
- Vous devez faire preuve d'attention et de soin lors du recouvrement des actifs, du paiement des dettes et des impôts, de la gestion et de la préservation du patrimoine, et de sa distribution conformément au testament et à la loi.
- Si vous agissez par négligence, retardez les distributions sans raison, gérez mal les fonds, mélangez vos fonds personnels avec les fonds de la succession ou ne respectez pas le testament ou les obligations légales, vous pourriez être tenu personnellement responsable.
- Le travail peut prendre beaucoup plus de temps que prévu, surtout si une procédure de succession est nécessaire, ou si la succession est complexe ou contestée.
Compte tenu des enjeux, il est tout à fait judicieux d'évaluer vos capacités et votre volonté avant de dire « oui ».
7. Comment décider d'accepter ou non
Voici quelques questions que vous devriez vous poser :
- As-tu le Paisible gérer les affaires du domaine ?
- Êtes-vous à l'aise avec les déclarations fiscales, les relations avec les créanciers, les transferts de propriété et les obligations légales ?
- Êtes-vous prêt à assumer ce qui s'apparente à un emploi, souvent non rémunéré sauf si le testament ou la loi prévoit des honoraires de fiduciaire ?
- Êtes-vous prêt à communiquer avec les bénéficiaires, à gérer d'éventuels litiges et à tenir des registres précis ?
- Souhaitez-vous assumer la responsabilité et le stress potentiel liés à la fonction de fiduciaire successoral ?
Si vous répondez « non » à une ou plusieurs de ces questions, il peut être judicieux de refuser et de laisser quelqu'un d'autre prendre le relais.
8. Que faire si vous refusez
Si vous décidez de ne pas agir :
- Soumettez votre renonciation rapidement — faites-le pas ignorer la nomination.
- Avisez le fiduciaire suppléant (le cas échéant) et informez les exécuteurs testamentaires/bénéficiaires de votre décision.
- Si vous avez reçu des documents (testament original, etc.), retournez-les à l'avocat qui les a rédigés ou soumettez-les au tribunal dans le cadre de la renonciation.
- Conservez une copie de votre renonciation pour vos archives.
En renonçant formellement, vous vous retirez de cette fonction et évitez toute obligation ou responsabilité future, à condition que la renonciation soit dûment enregistrée.
9. Si vous acceptez, que faire en premier ?
Si vous choisissez de servir :
- Obtenez le testament original et faites-le enregistrer, si nécessaire.
- Déterminez si l'homologation (certificat de nomination d'un syndic de succession) est requise en Ontario — de nombreuses successions comportant des biens immobiliers ou des actifs importants l'exigeront.
- Dressez l'inventaire des actifs et des passifs du défunt.
- Aviser les bénéficiaires, les créanciers et les organismes gouvernementaux concernés (ARC, Service Ontario, etc.).
- Ouvrez un compte bancaire pour la fiducie successorale (important pour séparer les fonds de la succession).
- Payer les dettes, les impôts (y compris toute déclaration de renseignements successoraux exigée en Ontario), les frais funéraires et administratifs.
- Distribuer les biens restants conformément au testament une fois celui-ci autorisé.
- Tenez des registres clairs et précis et déposez les comptes annuels conformément aux exigences.
Ces étapes vous aident à remplir vos obligations et à vous protéger contre toute responsabilité potentielle.
10. Dernières pensées
Être nommé fiduciaire successoral en Ontario n'est pas un rôle purement honorifique. Il comporte de véritables obligations, des risques et une décision très importante : Allez-vous servir ou non ? Si vous choisissez de refuser, faites-le formellement et sans délai. Si vous choisissez d'accepter, agissez avec prudence et, en cas de complexité, consultez un avocat et un comptable.
En définitive, l'objectif est de respecter les dernières volontés du testateur tout en administrant la succession de manière efficace, correcte et transparente. Que vous choisissiez d'assumer cette fonction ou de vous en retirer, assurez-vous que votre décision soit mûrement réfléchie et éclairée.


